Donner au voyage une nouvelle trajectoire
Avec la SMALA, Greentripper passe de la compensation à la transformation du tourisme
Quand Anne Robertz parle du voyage, son regard s’illumine immédiatement.
Voyager, pour elle, n’a jamais été un simple loisir. C’est une ouverture au monde. Une manière de découvrir, de ressentir, de créer du lien.
Et c’est précisément là que le dilemme a commencé.
Car comment continuer à défendre le voyage quand le tourisme contribue massivement au dérèglement climatique ?
Comment aimer profondément un secteur… tout en voyant lucidement ses impacts ?
C’est de cette tension qu’est née Greentripper.
Au départ, l’entreprise aide les voyageurs à compenser leurs émissions de CO₂. Une démarche sincère, pionnière, portée par une volonté simple : permettre au voyage de retrouver sa place dans la nature.
Mais au fil du temps, une question devient impossible à éviter :
« Est-ce qu’on peut continuer à consommer en compensant ? Est-ce que cela change quelque chose en profondeur ? » Cette interrogation marque un tournant.
Car Anne se dit progressivement que compenser ne suffit plus.
Le véritable enjeu n’est pas seulement de réparer les impacts du voyage, mais de transformer la manière de voyager elle-même.
Poser la boussole avant de tracer la route
Quand Anne rejoint la SMALA, elle ne cherche pas un plan marketing ni une stratégie de croissance toute faite.
Elle cherche surtout un espace de recul.
Dans un secteur dominé par de grands groupes internationaux, elle se sent parfois “comme une souris parmi les éléphants”. Elle veut retrouver de la clarté, confronter ses intuitions à d’autres entrepreneurs et prendre le temps de réfléchir au sens profond de son entreprise.
Avec Aude Bonvissutto, elle entame alors un travail méthodique autour de la raison d’être de Greentripper.
Trois ateliers de deux heures.
Pas pour accélérer.
Pour clarifier.
« Travailler sur la raison d’être, c’était poser la boussole avant de tracer la route. » Ce travail agit comme un révélateur.
Peu à peu, Anne met des mots plus précis sur ce qu’elle cherche réellement à construire :
« Nous voulons rendre au voyage sa place dans la nature, en allant au-delà de la compensation carbone et en co-créant des solutions avec les voyageurs et les professionnels du tourisme pour générer des bénéfices sociaux et environnementaux. » À partir de là, tout change.
Greentripper ne se définit plus seulement comme un outil de compensation carbone.
L’entreprise devient progressivement un acteur de transformation du secteur touristique.
Transformer le voyage plutôt que réparer ses dégâts
Cette clarification stratégique ouvre un nouveau chapitre.
Anne décide de faire évoluer Greentripper d’un service de compensation vers un véritable parcours de transition destiné aux professionnels du tourisme.
L’objectif n’est plus uniquement de mesurer ou compenser les impacts, mais d’aider les acteurs du secteur à comprendre, réduire et transformer leurs pratiques.
« Notre métier, ce n’est pas de faire taire la culpabilité, mais d’aider à comprendre, à agir, à progresser. » Pour accompagner cette évolution, Anne met en place un comité d’accompagnement de la SMALA.
Autour de la table : des entrepreneurs du réseau choisis pour leurs expertises complémentaires. D’abord Thomas Rulmont et Julien Paeschen, puis Thomas et Loïc Bar pour renforcer notamment la dimension technologique de l’entreprise.
Ce comité devient rapidement un véritable outil de pilotage.
« Ce n’est pas un conseil d’administration formel, mais un lieu de partage d’expérience et de confrontation constructive », explique Anne. « C’est rapide, pragmatique, transparent. Et surtout, cela m’aide à garder le cap, à poser les bonnes questions au bon moment. » Cette réflexion collective aide Greentripper à structurer une offre beaucoup plus ambitieuse.
L’entreprise accompagne désormais les professionnels du voyage à travers quatre leviers :
mesurer leur empreinte carbone grâce à Act for Travel, un outil développé en interne ; identifier des pistes concrètes de réduction ; contribuer à des projets cohérents et traçables ; sensibiliser et former durablement les équipes. Greentripper ne cherche plus seulement à compenser les conséquences du tourisme.
L’entreprise cherche désormais à transformer les règles du jeu du secteur.
Assumer sa dimension GreenTech
Ce travail avec la SMALA permet aussi à Anne de prendre conscience d’un autre élément essentiel : Greentripper n’est pas seulement une entreprise à impact.
C’est une GreenTech à part entière.
Avec Act for Travel, l’entreprise développe un outil numérique conçu spécifiquement pour les professionnels du tourisme afin de piloter leur transition.
« Nous avons compris que notre savoir-faire technologique faisait partie de notre mission. » Cette prise de conscience marque un changement important dans la posture de l’entreprise.
Anne décide alors d’investir davantage dans les compétences IT, de structurer l’équipe autour de la donnée et d’assumer pleinement cette double identité : humaine et technologique.
Une manière aussi de renforcer la robustesse de Greentripper dans un marché en pleine transformation.
La souris qui apprend à danser avec les éléphants
Dans un univers dominé par de grands acteurs internationaux, Greentripper reste une structure à taille humaine.
Mais Anne ne cherche plus à rivaliser frontalement avec les géants du secteur.
Elle préfère miser sur l’agilité, la coopération et la finesse stratégique.
« Nous avons choisi nos métiers et notre marché. Nous avons bâti notre stratégie sur nos forces et les besoins de notre cible pour être robustes. » Elle résume souvent cette posture avec humour :
« Je me sentais une souris dans un monde d’éléphants. Aujourd’hui, j’ai appris à danser avec eux. » Cette phrase raconte probablement l’évolution la plus profonde de Greentripper : le passage d’une entreprise engagée mais fragile… à une entreprise qui assume désormais pleinement son ambition.
2025 : une nouvelle étape de croissance
Après plusieurs années de clarification et de structuration, Greentripper entre aujourd’hui dans une nouvelle phase.
En 2025, l’entreprise décide de doubler ses effectifs.
Un choix important, réfléchi, rendu possible par des fondations devenues plus solides.
« Nous avons prouvé que notre modèle fonctionne. Nous doublons notre équipe pour faire vivre notre mission, à laquelle nous croyons profondément. » Le lancement du nouveau site internet de Greentripper marque d’ailleurs symboliquement cette nouvelle étape. Plus qu’une vitrine, ce site raconte une entreprise qui assume désormais pleinement sa mission, sa vision et son ambition : aider tout un secteur à changer de trajectoire.
Une entreprise qui ne cherche plus seulement à compenser les impacts du voyage, mais à accompagner sa transformation en profondeur.
Diriger autrement
Au fil de ce parcours, Anne participe également aux SMAL’AB, les ateliers de pairs proposés dans le membership de la sMALA.
Ces rencontres entre dirigeants deviennent pour elle un espace précieux pour partager les doutes, parler des sujets difficiles et prendre du recul sur son rôle de dirigeante.
« Les SMAL’AB, c’est un espace où l’on peut déposer les questions qu’on ne pose nulle part ailleurs. On en ressort plus lucide, mais aussi plus apaisé. » Cette dynamique collective transforme progressivement sa posture.
« Je ne me sentais pas cheffe d’entreprise. Aujourd’hui, je sais que diriger, c’est servir une mission. » Et peut-être est-ce là le véritable fil rouge de l’histoire de Greentripper.
Comprendre que la transition ne consiste pas seulement à corriger les effets d’un système devenu problématique.
Mais à construire, pas à pas, une nouvelle trajectoire capable de réconcilier impact, robustesse et ambition.
À La SMALA, “entreprendre la transition” ne se résume pas à adopter quelques gestes durables. C’est engager une transformation stratégique, culturelle et humaine — inspirée et accélérée par des entrepreneurs qui l’ont déjà fait. À travers le membership, la réflexion stratégique et les advisory boards, La SMALA entoure chaque dirigeant de PME pour construire avec lui une entreprise plus robuste, alignée et compétitive dans un monde en transition — un monde qui a besoin d’entrepreneurs pour répondre aux défis du XXIᵉ siècle.
J’espère que vous avez apprécié l’histoire d’Anne Robertz….